Santé : le gouvernement doit planifier l'explosion des coûts

Publié à 6h00 le jeudi 13 mai 2010
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Face à l'augmentation inévitable des dépenses en santé, le gouvernement doit développer une planification à plus long terme, selon le directeur général du Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick, Stéphane Robichaud. Le gouvernement du N.-B. aurait intérêt à se préparer tout de suite à cette explosion des coûts.

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Cette année, le Nouveau-Brunswick dépensera près de 2,5 milliards $ pour la santé, soit près de 40% de son budget total. D'ici cinq ans, ce budget pourrait augmenter d'un milliard $ selon le Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick (CSNB). Avec le vieillissement de la population, cette augmentation semble presque inévitable, mais le gouvernement provincial aurait tout de même intérêt à commencer à s'y préparer selon le directeur général du CSNB, Stéphane Robichaud.

«On est encore loin de s'attaquer au problème, constate-t-il. On y réagit quand on voit des données, mais on est encore loin d'un mouvement», a affirmé M. Robichaud lors d'une rencontre éditoriale avec L'Étoile.

Selon lui, le ministère de la Santé doit commencer à être plus prévoyant et ferait bien de préparer ses budgets sur plusieurs années, plutôt qu'une année à la fois.

«Tout de suite, le statu quo, c'est que ce gros budget-là est géré un an à la fois. Alors, quand on finit une année, ça devient la base. On ne révise pas», explique Stéphane Robichaud.

Pour arriver à cette planification à plus long terme, le ministère de la Santé doit toutefois établir le plus tôt possible des priorités et se donner des objectifs à moyen et long terme. Ce qui nécessite un travail constant d'analyse des besoins de la population, mais aussi de l'efficacité du système.

C'est seulement après avoir effectué ce travail d'analyse que le gouvernement sera en mesure de proposer des solutions aux défis qui nous attendent, fait remarquer Stéphane Robichaud.

Alors que dans d'autres provinces on s'interroge sur les moyens de financer la santé, avec un ticket modérateur, une hausse des taxes ou même l'ouverture au secteur privé, Stéphane Robichaud estime que tout débat à ce sujet sera prématuré avant qu'un état des lieux plus précis ait été complété et que la province se dote d'une vision à plus long terme.

Selon lui, le travail d'analyse du CSNB a déjà permis de développer certains outils qui seront utiles à cet effet. Deux ans après la création du Conseil, ce travail ne fait toutefois que commencer, précise-t-il. Deux rapports ont déjà été publiés et un sondage sur la qualité de soins de santé dans la province est en cours.

À l'avenir, M. Robichaud s'attend à ce que les rapports du CSNB puissent aider le gouvernement et le ministère de la Santé à prendre de meilleures décisions, basées sur des données concrètes plutôt que sur des impressions ou des interprétations. Voir A2ΕΎ"

Évaluer l'égalité

Depuis sa création, une partie du mandat du CSNB est d'évaluer l'équité des services dans les deux langues officielles dans le système de santé du Nouveau-Brunswick. Ainsi, si le gouvernement s'est engagé à renforcer les services en français dans les deux régies régionales de la santé et a précisé le caractère francophone de la Régie A. Des changements qui devraient avoir peu d'incidence sur les travaux du CSNB, explique Stéphane Robichaud.

«La loi rend plus explicite le travail qu'on faisait déjà, confie-t-il.

Bien que les changements adoptés à l'unanimité à l'Assemblée législative touchent en bonne partie à la gouvernance des régies. Le CSNB continuera toutefois à se concentrer avant tout sur le bilinguisme des services lorsqu'elle étudiera les questions d'équité.»

Au cours des prochains mois, le CSNB devra toutefois développer les outils nécessaires et sélectionner les indicateurs qui seront retenus pour évaluer la qualité du bilinguisme dans le système de santé. Cette année, la Fiche de rendement du système de santé du Nouveau-Brunswick produite par le CSNB ne contenait aucune donnée à ce sujet.

 

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