
ÉDITORIAL : Des gestes et propos irresponsables et disgracieux à l'Assemblée législative
Publié à 0h00 le jeudi 18 février 2010


C'est essentiellement en raison de la vente imminente d'Énergie NB à Hydro-Québec que les députés siégeant à l'Assemblée législative ont monté le ton de plusieurs crans ces dernières semaines alors qu'ils s'engagent dans des débats houleux et parfois même disgracieux.
En fait, il n'est pas rare que le président de la Chambre soit obligé d'intervenir rapidement pour ramener ces politiciens à l'ordre, surtout pour empêcher que les passions s'enflamment davantage et pour éviter d'autant plus que la Chambre devienne désordonnée. C'est d'ailleurs dans ce contexte que le premier ministre Shawn Graham a lancé une blague cette semaine, lors de l'inauguration du nouveau bureau de district du ministère des Ressources naturelles à Richibucto, à l'effet qu'il voulait emprunter une veste pare-balle d'un garde forestier pour la porter lui-même à l'Assemblée législative!
C'est donc dire que les échanges manquant de sérieux et de maturité des deux côtés de la Chambre engendrent des « spectacles » trop souvent déplorables. À preuve, la semaine dernière, lors d'une période de questions, c'était au tour du député libéral Abel LeBlanc, de la circonscription de Saint-Jean-Lancaster, de s'illustrer de façon absurde et intimidante en montrant son doigt d'honneur et en brandissant son poing vers les membres de l'opposition après avoir accusé la députée Margaret-Ann Blaney de mentir. Visiblement enragé, déchainé et sous les émotions fortes, il s'en est même pris par la suite au député Dale Graham en le traitant de « punk ».
Malheureusement, il n'y a pas seulement les collègues du député LeBlanc qui ont été témoins de cette « explosion » inacceptable et non appropriée. En fait, l'incident a été capté par des caméras qui sont installées à l'intérieur de l'Assemblée législative, ce qui nous permet de voir et de revoir ces gestes déshonorables et contraires à la bonne conduite d'un politicien. Qui plus est, au lieu de s'excuser, tel que demandé par le président, et d'admettre qu'il avait commis une bévue sérieuse, M. LeBlanc a tout simplement quitté les lieux et depuis lors il a été justement suspendu pour trois jours. Le premier ministre Shawn Graham (lui-même ayant été ordonné en 2000 de se retirer temporairement de la Chambre après avoir accusé le premier ministre d'avoir « menti aux agriculteurs ») avait certes raison de dénoncer les gestes irraisonnables et humiliants de son député d'arrière-banc. Le premier ministre Graham devait agir ainsi pour principalement maintenir le décorum en Chambre mais du même coup pour assurer le bon fonctionnement. Surement que le député de Saint-Jean-Lancaster regrette sincèrement cet incident embarrassant, qu'il s'excusera à son retour à l'Assemblée législative et qu'il en retirera une leçon importante. À l'instar de son collègue libéral T.J. Burke, il aurait été plutôt préférable pour M. LeBlanc de faire sensation sur internet en interprétant lui aussi une chanson rap à l'Assemblée législative. Au moins, nous aurions pu en rigoler.
C'est donc à souhaiter également que les échanges d'insultes prennent fin incessamment parmi les politiciens et que le calme se fasse, car ces comportements non exemplaires aux yeux des enfants et des adultes projettent évidemment une image d'irresponsabilité, d'immaturité et d'incrédibilité.
En élisant nos députés, on s'attend à ce qu'ils se comportent comme des personnes responsables à Fredericton, tant du côté du gouvernement que de l'opposition. Et enfin, à la lumière de ces sessions bruyantes et de désordre qui se sont déroulées à l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, on peut ainsi comprendre le raisonnement des jeunes d'aujourd'hui qui ne font plus confiance au processus électoral et dont plusieurs d'entre eux ont tout simplement décidé de ne pas voter.
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