
EXCLUSIF : Rivière Petitcodiac
Publié à 0h00 le jeudi 4 février 2010

Un résidant de Moncton propose une alternative à l'ouverture des vannes du pont-jetée de la Petitcodiac

À l'aube de l'ouverture des vannes du pont-jetée de la rivière Petitcodiac, qui doit se faire au printemps, un résident de Moncton qui s'intéresse à cette question environnementale depuis une vingtaine d'années, James Sellars, vient de publier un livre dans lequel il propose une solution alternative à l'ouverture des vannes en vue d'éviter la contamination de la seule partie de cette rivière qui n'est pas polluée, soit le lac Petitcodiac.
Dans son ouvrage mis sous presse en décembre dernier, James Sellars relate certains faits historiques par rapport à l'idée de restaurer la rivière Petitcodiac et à la disparition de certaines espèces de poissons dans ce cours d'eau notamment. Il se base sur des rapports et études publiés par différents chercheurs pour proposer une solution plus écologique que l'ouverture des vannes. Dans ce livre intitulé There is Money in Here Somewhere, le militant pour la cause environnementale explique que le fait de remplacer le pont-jetée par une échelle à poisson de classe mondiale serait une solution moins couteuse et plus avantageuse sur le plan environnemental. L'idée vient d'un rapport commandé par Pêches et Océans Canada en 2001 et rédigé par Eugene Niles qui était à ce moment conseiller spécial de ce ministère pour la chaussée de la rivière Petitcodiac.
« Dans son rapport, M. Niles suggère que l'idée de construire une échelle à poisson de classe mondiale à la place du pont-jetée est l'une des meilleures solutions en termes de couts et de bénéfices alors que l'enjeu actuel est la migration du poisson et que cette solution permettrait de régler ce problème une bonne fois pour toutes », a avancé James Sellars.
En plus de permettre au poisson de circuler librement dans les eaux de la rivière Petitcodiac, la construction d'une telle échelle à poisson permettrait d'éviter de polluer le lac Petitcodiac, une situation qu'engendrera l'ouverture des vannes du pont-jetée. James Sellars admet que ce n'est pas nécessairement la pollution engendrée par les déchets biologiques de l'usine de traitement des eaux usées qui l'inquiète mais plutôt les déchets chimiques qui sont actuellement présents dans la boue constituant les rives de la rivière et qui contamineront l'eau une fois que la rivière reprendra son cours naturel.
Tel que l'étude d'impact environnemental commandée par le gouvernement du Nouveau-Brunswick l'indique, la dilution de déchets biologiques dans l'eau est une solution à la pollution. Mais, pour James Sellars, la dilution de matières toxiques dans les eaux de la Petitcodiac pourrait avoir des conséquences environnementales à long terme.
« Ce qui est rejeté par l'usine de traitement des eaux usées est de la matière biologique et même si cela peut-être dangereux pour l'humain, ce n'est pas nécessairement dangereux pour le poisson alors que certaines espèces se nourrissent de ces déchets biologiques et nettoient l'eau en même temps », d'expliquer James Sellars.
« Mais le vrai problème qui surviendra lors de l'ouverture des vannes qui permettra à la rivière de circuler librement c'est qu'il y aura un transfert massif de pollution vers le lac Petitcodiac quand les matières toxiques et chimiques qui se sont déposées dans la boue sur les rives au fil des années vont contaminer l'eau », a averti James Sellars.
Les matières toxiques emprisonnées dans la boue entourant la rivière Petitcodiac proviennent entre autres d'un ancien site où étaient installés des transformateurs d'Énergie Nouveau-Brunswick derrière le magasin Coop actuellement situé sur le boulevard Millenium.
« Il y a une cinquantaine d'années, des transformateurs d'électricité ont été enterrés sur ce site et ceux-ci sont pleins de polychlorobiphényles (PCB) qui est l'un des produits chimiques les plus dangereux pour la santé humaine », d'émettre M. Sellars.
« Si la rivière reprend son cours naturel, la marée va amener ces matières toxiques avec elle dans l'eau, ce qui pourrait occasionner un désastre assez sérieux », a-t-il continué.
Pour James Sellars, qui réside également autour du lac Petitcodiac, il serait plus efficace de nettoyer la rivière avant d'ouvrir les vannes et de polluer le lac où il est actuellement possible de s'adonner à la pêche et à d'autres activités récréatives.
« Je n'ai certainement pas écrit ce livre parce que je possède une propriété autour du lac mais j'ai plutôt écrit ce livre dans le but d'informer la population au sujet du transfert de pollution qui sera occasionné par la marée montante lorsque les vannes du pont-jetée seront ouvertes », a précisé James Sellars.
Toujours d'après le militant pour l'environnement, l'ouverture des vannes du pont-jetée de la rivière Petitcodiac ne restaurera pas le cours d'eau immédiatement. La restauration sera un processus très couteux qui devra se faire sur le long terme.
« Il faut comprendre que la rivière ne sera pas restaurée à cause de l'ouverture des vannes alors qu'en réalité, cela va couter plusieurs centaines de millions de dollars pour améliorer les installations de l'usine de traitement des eaux usées, pour enlever le pont-jetée et y construire un pont à la place et ensuite nettoyer la pollution qui va contaminer l'eau », avance-t-il.
« Présentement, la santé de personne n'est à risque et depuis maintenant quatre ans, les vannes du pont-jetée sont ouvertes lorsque la marée est haute, ce qui permet déjà au poisson de traverser », d'exprimer James Sellars.
Bref, d'après le résidant de Moncton, une échelle à poisson de classe mondiale pourrait couter entre cinq et dix millions $ et cela pourrait résoudre la majorité des problèmes associés à l'ouverture des vannes du pont-jetée.
« Je crois que les différentes options qui s'offraient au gouvernement dans ce dossier n'ont pas été pleinement analysées afin de déterminer la meilleure solution possible pour tous les partis et pour l'environnement », a opiné James Sellars.
Le livre There is Money in Here Somewhere est disponible chaque samedi matin au Marché des fermiers de Moncton. James Sellars l'offre à quiconque s'intéresse à cette question environnementale moyennant une contribution volontaire de la part de l'acheteur qui va financer l'Association pour la préservation du lac Petitcodiac.
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Ouvrez les vannes au plus vite !!