
Élèves immigrants : la réalité est que chaque cas est unique
Publié à 0h00 le jeudi 4 février 2010


Dans les écoles du District scolaire 01 qui accueillent des élèves immigrants, la tâche n'est pas toujours facile alors que les enseignants responsables de ce dossier ne peuvent qu'y consacrer une certaine partie de leur temps puisqu'ils enseignent également à temps plein. Lorsque viendra le temps de mettre sur pied la politique d'accueil et d'intégration des élèves immigrants, il faudra penser plus loin qu'une simple règle passepartout alors que la réalité est que chaque cas est unique.
Tout dépendamment du parcours migratoire de l'enfant qui arrive dans le système scolaire néo-brunswickois pour la première fois, il n'est pas toujours évident de savoir où le situer par rapport à sa scolarisation. De plus, l'acclimatation culturelle ne se fait pas du jour au lendemain.
« Dans certains pays, entre autres les pays africains, ils ont une scolarisation beaucoup plus axée sur la transmission de connaissance et ces élèves-là sont habitués de reprendre ce que leur enseignant leur a dit mais c'est tout à fait un choc lorsqu'ils arrivent ici et qu'ils doivent essayer de produire », a élaboré l'agente pédagogique responsable de ce dossier au District scolaire 01, Claudette Lavigne.
« Certains s'acclimatent très bien mais ça dépend toujours du bagage de l'enfant puis c'est très difficile d'évaluer le niveau de scolarisation de l'élève parce que notre culture est différente et les connaissances antérieures peuvent être variables d'un élève à l'autre », a-t-elle poursuivi.
Quand la langue maternelle du nouvel arrivant n'est pas le français, la première étape est évidemment de le franciser en vue d'assurer sa réussite dans toutes les matières mais il n'y a pas de service de francisation offert exclusivement pour ces élèves.
« À l'école primaire, il y a l'enseignant de francisation mais l'enseignant est aussi attitré aux enfants de familles exogames. Donc, il peut être concerté pour de l'aide mais ça surcharge ce service à des moments qu'on ne peut pas prévoir », a évoqué Mme Lavigne.
« Puis, on ajoute à cela un enseignant à l'accueil qui n'est pas à temps plein alors il faut également comprendre la dynamique entourant cette situation », a-t-elle expliqué.
À l'école secondaire L'Odyssée, à Moncton, l'enseignant Jean Codjo s'occupe de l'accueil et de l'intégration des élèves immigrants depuis cinq ans. D'abord enseignant de langue, celui-ci est seulement en mesure d'accorder une heure de son temps par jour aux élèves immigrants.
« Moi-même j'ai aussi été un immigrant et je sais à peu près de quoi ils souffrent quand ils arrivent mais comme je ne suis pas seulement assigné à cette tâche, je peux seulement leur accorder une heure par jour », a expliqué M. Codjo.
« L'idéal serait d'embaucher quelqu'un à temps plein qui accompagnerait ces élèves-là pendant toute l'année, ce qui serait beaucoup plus bénéfique pour eux », a-t-il émis.
Ce genre de service est assez complexe dans le sens que chaque nouvel arrivant possède un différent parcours, faisant en sorte que le service d'accueil peut être très différent d'un enfant à l'autre. De plus, l'intégration ne se fait pas de la même façon chez les filles et les garçons.
« Avec les garçons, ça va beaucoup mieux sur le plan social alors qu'ils ont beaucoup plus d'intérêt pour le sport et quand ils s'enrôlent dans une équipe, ils se font vite des amis », d'émettre Jean Codjo.
« Du côté des filles, je dois donc appliquer une tout autre stratégie en les incitant à s'impliquer dans des activités culturelles comme la danse ou la musique mais celles-ci réussissent mieux au niveau académique que les garçons », a-t-il continué.
L'un des autres défis auquel font face les enseignants attitrés à l'accueil des élèves immigrants est d'évaluer leur niveau de scolarité à leur arrivée au Canada afin de pouvoir les placer dans un niveau académique.
« Il n'est pas toujours évident d'évaluer les élèves et de les placer dans un niveau quand ils arrivent ici alors que si l'élève a connu une scolarité régulière dans son pays d'origine, il s'intègre facilement après quelques mois mais s'il a déjà accusé des retards scolaires, là ça devient très difficile », a indiqué Jean Codjo.
« Je suis en quelque sorte le parent de ces enfants quand ils arrivent au Canada parce que souvent, leurs parents doivent s'intégrer eux aussi quand ils arrivent ici », a-t-il ajouté.
M. Codjo voit l'idée d'une politique d'accueil et d'intégration des élèves immigrants au District 01 d'un bon œil mais il espère que le manque de fonds ne vienne pas mettre un bâton dans les roues de ce projet et il est également d'avis qu'il va falloir faire attention à la façon de penser cette politique.
« Le fait d'avoir une politique à cet effet a toujours été l'une de nos priorités mais le problème ce n'est pas le manque de politique, c'est le manque de moyens », a-t-il laissé savoir.
« Ce n'est pas facile non plus d'élaborer une règle passepartout qu'on peut simplement appliquer à tout le monde puisque chaque cas est un cas à part mais il y a quand même un minimum de choses qu'il faut faire quand l'enfant arrive », a-t-il précisé.
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